Cet article fait partie d'un exposé en 3 parties :
- La tripartition fonctionnelle
- L’esclavage
- Une royauté unique en son genre
- Une royauté unique en son genre
- Hommes, femmes et enfants : rôles et places de chacun
2. Le druidisme
* * *
2. Le druidisme
Le druidisme s'inscrit dans la seconde des trois lois de la Vie (lois cosmiques, lois de l'âme, de l'équilibre... peu import le nom qu'on leur donne), que représente le triskèle.
Le druidisme s'inscrit dans la seconde des trois lois de la Vie (lois cosmiques, lois de l'âme, de l'équilibre... peu import le nom qu'on leur donne), que représente le triskèle.
1. création/émanation : fonction productrice
2. Protection/maintenance : fonction sacerdotale
3. Destruction/réabsorption : fonction guerrière
La première chose qu’il me semble importante de dire est que les druides ne sont pas des Chamans.
Le chamanisme, en Europe septentrionale, appartient à l’ère précédant la civilisation celtique, celle qui a vu se dresser les menhirs et les dolmens.
Les peuples qu'on appelle les indo-européens - ces fameux Ârya mis à toutes les sauces idéologiques ou politiques à l'instar des Gaulois – ont émancipé leur culture par vagues migratoires successives du golfe du Bengale à l’Islande, couvrant l’Europe et les îles de la Manche, souvent de manière pacifique, usant de traités et d'accords, sans que l’on connaisse vraiment la raison de ces mouvements massifs de populations, outre la culture indissociable de la notion d'équilibre, soit la force qui pousse au mouvement, à la mobilité, à la migration.
Il s’agit d’un peuple hypothétique dont on peut néanmoins reconstruire la langue, la société et la mythologie.
La première chose qu’il me semble importante de dire est que les druides ne sont pas des Chamans.
Le chamanisme, en Europe septentrionale, appartient à l’ère précédant la civilisation celtique, celle qui a vu se dresser les menhirs et les dolmens.
Les peuples qu'on appelle les indo-européens - ces fameux Ârya mis à toutes les sauces idéologiques ou politiques à l'instar des Gaulois – ont émancipé leur culture par vagues migratoires successives du golfe du Bengale à l’Islande, couvrant l’Europe et les îles de la Manche, souvent de manière pacifique, usant de traités et d'accords, sans que l’on connaisse vraiment la raison de ces mouvements massifs de populations, outre la culture indissociable de la notion d'équilibre, soit la force qui pousse au mouvement, à la mobilité, à la migration.
Il s’agit d’un peuple hypothétique dont on peut néanmoins reconstruire la langue, la société et la mythologie.
Dès lors, pour comprendre le druidisme, je préfère éviter de me fier entièrement aux transcriptions tardives des mythes Celtes insulaires, bien qu’ils soient indicatifs une fois « filtrés », ni aux croyances qualifiées de païennes sous le règne chrétien, souvent rapprochées à un obscur culte de la nature et dont s’inspirent nombre de pratiques actuelles comme la Wicca et le nouvel élan vers la sorcellerie ou le chamanisme New Age.
Par exemple, lorsque je croise des mentions sur le dieu Cernunnos ou Kernunnos, surnommé le Cornu, je constate qu'on retombe toujours sur des éléments animistes réduits comme "dieu de la nature, des animaux de la forêt, de la fertilité, etc.", avec une propension typique de l'antrhopocentrisme occidental : "maître" des animaux ou de la nature.
Par exemple, lorsque je croise des mentions sur le dieu Cernunnos ou Kernunnos, surnommé le Cornu, je constate qu'on retombe toujours sur des éléments animistes réduits comme "dieu de la nature, des animaux de la forêt, de la fertilité, etc.", avec une propension typique de l'antrhopocentrisme occidental : "maître" des animaux ou de la nature.
Je rapprocherais plutôt Cernunnos à cet autre personnage cornu, ancêtre de Shiva, très similaire au Cernunnos qui orne le chaudron de Gundestrup.
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| Sceau, Indus valley Civilization, 2500-1500 BC. Chhatrapati Shivaji Maharaj Vastu Sangrahalaya (ex Prince of Wales Museum), Mumbai. India |
De toute façon, ce "culte de la nature" n'a jamais vraiment existé. Il s'agit d'interprétations réductrices d'observateurs occidentaux, interprétations qu'entretiennent le monothéisme et le matérialisme. Je vous conseille à ce sujet les livres de l'anthropologue Marshal Sahlins.
Même au sein de l'animisme et du chamanisme, les choses étaient bien plus profondes, larges et complexes que l'on voudrait (ou pourrait) l'admettre. Un culte de la nature suggère que les humains lui soient inférieures, qu'il l'ont divinisée. Or, autant dans l'animisme que dans d'autres cultures similaires, les humains sont partie intégrante de la nature. Ils n'y voient pas de hiérarchie. Ils ne la vénère pas, mais il rendent homage aux dynamiques, forces et cycles dont il font intrinsèquement partie. Ils sont conscient de l'interdépendance.
En ce qui concerne le druidisme, nous considérerons bien sûr les rapports des observateurs grecs et romains, mais avec grande prudence ! En effet, ils établissaient souvent en tant que conclusions générales des événements, situations et comportements ponctuels. Par ailleurs, ils faisaient trop souvent déjà preuve de ce même type d'ethnocentrisme que l'on retrouve chez les observateurs et colons occidentaux du 18 et 19è siècle (ce n'est pas un raccourcis, il y a une ligne logique des uns aux autres, mais qui n'est pas le sujet de cet article).
Donc, pour cerner le druidisme, je préfère remonter la ligne du temps vers les origines plutôt que descendre vers les dérivés.
Si l’on étudie l’influence des Ârya sur la civilisation de l’Indus, par exemple, on se rend compte qu’ils étaient loin du chamanisme ou d’un culte de la nature, même si les animaux et d’autres éléments naturels étaient bien présents par symbolisme et avatars divins (le « divin » ayant alors une toute autre connotation que celle à laquelle nous sommes habitués).
En effet, on découvre une « religion » assez scientifique, d’une part : l’importance des nombres dans toutes leurs dimensions, de la géométrie cyclique et les symboles associés, la connaissance du cosmos et l’élaboration d’un calendrier très sophistiqué, une connaissance des forces (énergies) et interactions élémentaires écosystémiques, la maîtrise de l’anatomie et du fonctionnement du corps, etc.
Le tout imbriqué dans un lyrisme à donner le vertige.
D'autre part, on trouve l'aspect philosophique : les différents plans de l’existence, la conception du monde, l'origine de l’univers et le sens de l'existence, le pouvoir de la parole et du son, la destinée et la réincarnation (dharma, karma, Moshka...), intentions spéculatives, rhétorique, etc.
L’organisation de cette "religion", sa structure sacerdotale quasi académique (par manque de mot plus adéquat) mais non institutionnelle, était très élaborée quoique loin de nos habitudes.
La notion de "pouvoir" est assez récente, elle est née avec l'idée de gouvernance (opposée à l'autonomie).
La langue des indo-européens de la région de l’Indus est devenue écrite (le Sanskrit) lorsque la tradition orale se mua en védisme (veda signifie « savoir »). Ces hymnes, commentaires et récitations existent encore et sont toujours considérés comme sacrés. Ils pullulent d’indications fascinantes sur la culture indo-européenne, celle de ces Ârya, qui filtre encore malgré maintes altérations imposées par les transcriptions successives - pourtant moindres que celles infligées chez nous par la latinisation et la christianisation - à travers l’hindouisme et son histoire.
Ces textes rapportent les connaissances sous forme de mythes, bien sûr, car c’est la forme de transmission typique des traditions orales, mais aussi les gestes, paroles, formules, comportements que les prêtes adoptaient dans leur pratiques quotidiennes.
En fait, certains de ces textes sont tellement alambiqués dans leur poésie, audacieux dans leur morphologie, complexes dans leur sémantique et syntaxe, quasi violents dans leur ésotérisme, qu'ils ne peuvent plus trouver de compréhension, d’appréhension et d’application dans l’hindouisme actuel bien qu'ils y soient toujours vénérés.
C’est là, dans l’ancien védisme et les plus anciens textes en Sanskrit, que l’on se rapproche le plus du druidisme.
L’organisation de cette "religion", sa structure sacerdotale quasi académique (par manque de mot plus adéquat) mais non institutionnelle, était très élaborée quoique loin de nos habitudes.
La notion de "pouvoir" est assez récente, elle est née avec l'idée de gouvernance (opposée à l'autonomie).
La langue des indo-européens de la région de l’Indus est devenue écrite (le Sanskrit) lorsque la tradition orale se mua en védisme (veda signifie « savoir »). Ces hymnes, commentaires et récitations existent encore et sont toujours considérés comme sacrés. Ils pullulent d’indications fascinantes sur la culture indo-européenne, celle de ces Ârya, qui filtre encore malgré maintes altérations imposées par les transcriptions successives - pourtant moindres que celles infligées chez nous par la latinisation et la christianisation - à travers l’hindouisme et son histoire.
Ces textes rapportent les connaissances sous forme de mythes, bien sûr, car c’est la forme de transmission typique des traditions orales, mais aussi les gestes, paroles, formules, comportements que les prêtes adoptaient dans leur pratiques quotidiennes.
En fait, certains de ces textes sont tellement alambiqués dans leur poésie, audacieux dans leur morphologie, complexes dans leur sémantique et syntaxe, quasi violents dans leur ésotérisme, qu'ils ne peuvent plus trouver de compréhension, d’appréhension et d’application dans l’hindouisme actuel bien qu'ils y soient toujours vénérés.
C’est là, dans l’ancien védisme et les plus anciens textes en Sanskrit, que l’on se rapproche le plus du druidisme.
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| By unknown artist (India) - Online Collection of Brooklyn Museum; Photo: Brooklyn Museum, 1990.185.1_IMLS_PS4.jpg, No restrictions, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=14608189 |
Évidemment, les indo-européens qui se sont progressivement installés dans nos contrées septentrionales ont provoqué un brassage avec les peuplades locales. Imaginons un mélange de communautés chamaniques et védiques.
Le druidisme est donc né d'une nécessité d'harmoniser la vie ensemble.
Je suppose que l'on peut parler de syncrétisme...
Le druidisme est donc né d'une nécessité d'harmoniser la vie ensemble.
Je suppose que l'on peut parler de syncrétisme...
Je vois par exemple, dans ce que l'on appelle syncrétisme à l'époque gallo-romaine, une recherche d'ordre plutôt que d'harmonie, tout simplement parce qu'il s'agit de colonisation et non de migration. La nuance est d'importance : la colonisation est un viol, un acte brutal dans un but de domination et non de mélange, et ensuite d'exploitation envers un État au pouvoir centralisé pour le seul profit de celui-ci. Des édits impériaux ont eu pour objectif clair l'éradication du druidisme. De véritable purges ont été opérées. La culture indigène fut terriblement abîmée pour l'imbriquer dans les mœurs latines imposées et permettre l'exploitation.
Quant à la christianisation de nos régions, pour laquelle on utilise aussi le mot "syncrétisme", j'y vois encore une démarche de domination : la réduction, l'appropriation, le détournement, l'altération (glorification ou diabolisation de certains aspects), l'instrumentalisation des croyances selon un agenda de gouvernance, ont achevé de démolir l'essence du polythéisme particulier des Celtes (que j'approfondi ICI) dans une démarche de contrôle et d'exploitation sur la lancée de l'impérialisme romain, débouchant sur une superstition accrue, dans les croyances et pratiques religieuses, et une purge ou une torsion des connaissances préalables parce qu'incompatibles avec un pouvoir centralisé et hiérarchique.
Sur presque un millénaire, de l'âge de bronze à la fin de l’âge du fer, la civilisation celtique en Europe s'est émancipée et a subi, évidemment, des influences, des pressions, de la part des cultures voisines et rencontrées via le mercenariat, au point que les archéologues découpent ce petit millénaire celte en périodes : Hallstatt, La Tène 1, La Tène 2, et autres subdivisions, se basant sur l'évolution des techniques artisanales, de l'armement, de la structure communautaire, les rites funéraires... Mais il semblerait qu'à travers tout cela, le druidisme se soit maintenu comme une constante fiable. Il ne fut véritablement remis en question, menacé, que sous le règne romain.
Sur presque un millénaire, de l'âge de bronze à la fin de l’âge du fer, la civilisation celtique en Europe s'est émancipée et a subi, évidemment, des influences, des pressions, de la part des cultures voisines et rencontrées via le mercenariat, au point que les archéologues découpent ce petit millénaire celte en périodes : Hallstatt, La Tène 1, La Tène 2, et autres subdivisions, se basant sur l'évolution des techniques artisanales, de l'armement, de la structure communautaire, les rites funéraires... Mais il semblerait qu'à travers tout cela, le druidisme se soit maintenu comme une constante fiable. Il ne fut véritablement remis en question, menacé, que sous le règne romain.
Quoi qu'il en soit, à partir du moment où l’on peut parler de civilisation celtique, l’on sort du chamanisme pour entrer dans le druidisme, une sorte d'organisation philosophique/"religieuse" non hiérarchisée ayant pour rôle principal de protéger et de maintenir harmonie culturel et équilibre social, en accord avec la seconde loi, et ainsi d'inscrire les activités humaines dans le TOUT, assurant la cohésion des communautés dans leur milieu.
C'est ce que j'appelle "le filet druidique".
L'agglomérat de communautés qui constitue la civilisation celtique est doté d’une structure interne complexe, d’une législation et d’une "politique" (par manque de mots plus adéquats).
C'est ce que j'appelle "le filet druidique".
L'agglomérat de communautés qui constitue la civilisation celtique est doté d’une structure interne complexe, d’une législation et d’une "politique" (par manque de mots plus adéquats).
Ainsi, les prêtres celtes, ces fameux druides, évoluent dans une sphère sociale parallèle que certains associent à une forme d'aristocratie, mais je trouve le terme peu adéquat puisqu'il n'y a pas de supériorité, d'élitisme ni de notion d'appartenance à une lignée, pas de filioation, non plus aucune concurrence entre druides. Un druide peut être fils d'agriculteur ou d'artisan ou de guerrier ou de roi, peu importe, et il ne s'identifie pas à une autorité ou une classe sociale mais à une fonction, une rôle, dans la communauté, au même titre que les guerriers, les artisans et les agriculteurs, même si les responsabilités diffèrent. S'il est besoin d'une comparaison, le druidisme ressemble assez, dans de nombreux aspects, au Brahmanisme ancien encore imprégné de la tradition védique.
Mais on ne peut certainement pas en faire un copié/collé...
Mais on ne peut certainement pas en faire un copié/collé...
Le spécisme imprègne déjà la société celtique. Dans le cycle de la vie, les animaux sont considérés comme des incarnations plus simples.
Contrairement à l'hindouisme, le cycle de réincarnation, chez les Celtes, ne semblait pas évoquer la possibilité d'une régression dans le monde animal.
Les Celtes consomment de la viande. Ils élèvent du bétail dans ce but. Ils pratiquent occasionnellement la chasse, selon le calendrier, et parfois au-delà du simple besoin de nourriture : il s’agit d'une activité à vertu initiatique.
De nombreux rituels druidiques comportent des sacrifices d'animaux. Les célébrations saisonnières et leurs banquets rituels font des carnages dans les cheptels.
Cependant retenez qu'à cette lointaine époque, tout était doté d'une profondeur spirituelle et symbolique.
On ignorait encore tout du divertissement et du sport. Quand on chassait, la portée de l'acte avait des répercussion sur l'ensemble de la nature, sur l'âme du chasseur, et ce qui en résultait possédait une signification à "lire". La chasse ne pouvait se dérouler sans l'approbation d'un druide.
Entre animaux d'une même espè!ce, les différences de considération sont à noter.
Les chevaux de bât sont "sacrifiables" et consommables alors que les chevaux de guerre sont sacrés : les guerriers de Vercingétorix, assiégés à Alésia par les romains, préféraient mourir de faim plutôt que manger leurs chevaux !
Il en va de même pour les chiens : de leur peau, l'on faisait des tapis, entre autres. On ignore si leur chair était consommée mais des squelettes de chiens furent retrouvés dans les fossés sacrificiels des sanctuaires aux côtés de ceux des bœufs, chevaux, moutons, oies... Par contre, les chiens de guerre, à l'instar des chevaux de même fonction, bénéficiaient d'un statut protégé.
Si certaines forêts sont sacrées et que le symbolismes des arbres, chacun dans son essence, est bien présent, l'exploitation du bois pour les habitations, les véhicules terrestres et fluviaux ou maritimes, l'outillage et les ustensile, et les mines et les forges, décime les forêts tandis que le défrichage en faveur de l'installation humaine et de l'agriculture est une réalité.
Il semblerait cependant que cela se soit opéré d'une manière aussi durable que possible car lors de l'arrivé de Jules César en Gaule septentrionale, les grandes étendues boisées et les forêts profondes primaires étaient encore très présentes après de nombreux siècles d'occupation celtique.
Contrairement à l'hindouisme, le cycle de réincarnation, chez les Celtes, ne semblait pas évoquer la possibilité d'une régression dans le monde animal.
Les Celtes consomment de la viande. Ils élèvent du bétail dans ce but. Ils pratiquent occasionnellement la chasse, selon le calendrier, et parfois au-delà du simple besoin de nourriture : il s’agit d'une activité à vertu initiatique.
De nombreux rituels druidiques comportent des sacrifices d'animaux. Les célébrations saisonnières et leurs banquets rituels font des carnages dans les cheptels.
Cependant retenez qu'à cette lointaine époque, tout était doté d'une profondeur spirituelle et symbolique.
On ignorait encore tout du divertissement et du sport. Quand on chassait, la portée de l'acte avait des répercussion sur l'ensemble de la nature, sur l'âme du chasseur, et ce qui en résultait possédait une signification à "lire". La chasse ne pouvait se dérouler sans l'approbation d'un druide.
Entre animaux d'une même espè!ce, les différences de considération sont à noter.
Les chevaux de bât sont "sacrifiables" et consommables alors que les chevaux de guerre sont sacrés : les guerriers de Vercingétorix, assiégés à Alésia par les romains, préféraient mourir de faim plutôt que manger leurs chevaux !
Il en va de même pour les chiens : de leur peau, l'on faisait des tapis, entre autres. On ignore si leur chair était consommée mais des squelettes de chiens furent retrouvés dans les fossés sacrificiels des sanctuaires aux côtés de ceux des bœufs, chevaux, moutons, oies... Par contre, les chiens de guerre, à l'instar des chevaux de même fonction, bénéficiaient d'un statut protégé.
Si certaines forêts sont sacrées et que le symbolismes des arbres, chacun dans son essence, est bien présent, l'exploitation du bois pour les habitations, les véhicules terrestres et fluviaux ou maritimes, l'outillage et les ustensile, et les mines et les forges, décime les forêts tandis que le défrichage en faveur de l'installation humaine et de l'agriculture est une réalité.
Il semblerait cependant que cela se soit opéré d'une manière aussi durable que possible car lors de l'arrivé de Jules César en Gaule septentrionale, les grandes étendues boisées et les forêts profondes primaires étaient encore très présentes après de nombreux siècles d'occupation celtique.
Notons également que les Celtes ne construisait pas en pierre, que leur réseau routier restait meuble, et que, conformément à une culture nomade ou semi-nomade, l'occupation humaine devait avoir aussi peu d'impact et laisser aussi peu de traces que possible pour que, en cas de migration, le lieu retourne facilement à l'écosystème local.
Ensuite, le druide n'est pas seulement prêtre ou philosophe. Les druides dont la spécialisation est rattachée à la troisième fonction (troisième loi) sont aussi guerriers d'élite (*) ! Il dispose d'une troupe de guerriers et/ou de cavaliers. Le druide est également un ambassadeur et un politicien (par manque de mot plus adéquat).
Ensuite, le druide n'est pas seulement prêtre ou philosophe. Les druides dont la spécialisation est rattachée à la troisième fonction (troisième loi) sont aussi guerriers d'élite (*) ! Il dispose d'une troupe de guerriers et/ou de cavaliers. Le druide est également un ambassadeur et un politicien (par manque de mot plus adéquat).
Il doit donc accomplir des actes guerriers et porter l'épée symbolisant la guerre et la politique en plus de son sacerdoce. C'est la raison pour laquelle il n'est pas soumis à l'obligation de se marier et de procréer, contrairement au roi. Ce qui ne l'empêche pas de le faire s'il le désire ni, cela est certain, d'avoir une vie sentimentale, familiale et sexuelle épanouie. Disons simplement que les druides ne tombaient pas sous l'obligation de concrétiser une alliance matrimoniale. Rien à voir avec le célibat des prêtres chrétiens ni avec l'ascétisme Sadhu ou Yogi.
Notez aussi que les druides n'ont pas de "grand maître" ou de chef suprême. Il ne se font pas concurrence entre eux. Ils ne se mettent pas en avant. Il ne s’agit pas non plus d’une élite purement intellectuelle, sobre, stoïcienne, comme l’on s’imagine certains philosophes grecs, par exemple, car chez les Celtes, point encore de stoïcisme ni de désir d'élévation ou de purification.
Le symbolisme transcendait toutes les couches, de l’idée à la matière. Conséquemment, pour les druides, l’apparence, la richesse (symbolisant l’abondance, terme signifiant la garantie du nécessaire en toute autonomie et non le surplus) et tout ce qui pouvait alors illustrer la notion de puissance personnelle, plutôt l'image de la réalisation de soi, de la réussite de l'époque, avait une grande importance.
Comme les rois, les druides illustraient en comportement et en apparence les idéaux de la société dont ils assuraient la cohésion et la perpétuation.
Comme les rois, les druides illustraient en comportement et en apparence les idéaux de la société dont ils assuraient la cohésion et la perpétuation.
Le druidisme s'inscrivait dans les trois lois égales et cycliques représentées par le triskèle, pas en-dehors ni au-dessus.
Les dieux celtes étaient également sortis de la représentation basique des "forces naturelles" pour embrasser des idéaux tels que l’héroïsme, l’excellence (l'acquisition d'un savoir par l'expérience), l’abondance, la passion, le savoir-faire (artisanat), la science et le verbe (l'art oratoire et le chant), et la beauté (les codes de beauté masculins et féminins étant associés aux notions et symbolismes corporels de l’époque et faisaient même l’objet d’un culte, surtout le corps du guerrier, un peu comme chez les Spartiates).
Voyez l'article sur la mythologie celtique ICI.
Et un autre article sur le polythéisme particulier des Celtes ICI
En outre, l’aspect cyclique de la vie (réincarnation) permettait d’outrepasser les peurs – particulièrement la peur de la mort – et les comportements "coincés" et psychotiques qui sont les nôtres aujourd’hui. Prenons l’exemple de la sexualité qui est, de nos jours, réservée à un contexte particulier. Elle représente une fonction corporelle parallèle à notre existence, elle est cadenassée par l'idée que l'âme s'élève au-dessus du corps, de ses passions et pulsions. Elle se doit de demeurer discrète, souffrant de tabous et d’étiquettes, et conséquemment stigmatisée, elle génère des déviances et des extrêmes.
Il est bon de se rappeler encore une fois que les Celtes étaient étrangers à notre morale ! La sexualité était partout, dans tout. Elle n’était pas associée à un vice ni confinée à une fonction reproductrice[1] mais à une énergie d'importance bien au-delà de l'instinct de reproduction. Je vous ramène à l'article traitant de la structure sociale, à la description de la famille celte, ainsi que celui portant sur les notions celtiques des genres et de la sexualité ICI.
La sexualité, chez les Celtes, faisait partie intégrante de la vie, du fonctionnement naturel des choses, de la personnalité d’un individu et même de sa fonction. Elle imprégnait les idéaux de cette civilisation de passionnés.
Ainsi, certains rituels druidiques impliquaient la représentation de l’acte sexuel.
D'autres rituels druidiques impliquaient une mise à mort sacrificielle, obligatoirement sanglante dans un contexte guerrier. Il s'agissait de sacrifices d'animaux, et alors l'animal était consommé (pas de gaspillage de la vie) mais aussi d'êtres humains, souvent un tirage au sort parmi des volontaires (absence de la peur de la mort/ croyance en la réincarnation/ en l'existence continue) ou des condamnés à mort suite à un jugement lors d'un tribunal.
Les tribunaux étaient alignés sur le calendrier, ainsi que certaines exécutions. Des résultats de fouilles archéologiques ont été faussement attribués à des sacrifices humains. Nous savons aujourd'hui qu'il s'agissait souvent d'exécutions en justice - parfois selon des méthodes qui nous semblent purement cruelles mais qui étaient alors très symboliques du crime et de ses conséquences dans la vie présente et suivante - et de suicides individuels ou collectifs.
Il semblerait cependant qu'au fur et à mesure des siècles, les sacrifices humains aient été de plus en plus rares pour être remplacés, à l'époque de la guerre des Gaules en tout cas, par des figures en bois ou en paille. Il s'agit sans doute d'une évolution philosophique, une sorte d'intériorisation du sacrifice ou une glissade vers la version sacrificielle purement symbolique.
Veuillez noter, pour ceux qui utilisent l'argument des sacrifices humains pour qualifier les Gaulois de barbares face au très civilisé empire romain, que les sacrifices humains de nature religieuse n'ont été abolis, à Rome, qu'au début du premier siècle avant notre ère. Par contre, les tortures et mises à mort publiques lors des triomphes de généraux romains, aussi bien que les jeux du cirques où s’entre-tuaient de manières horribles des esclaves élevés et entraînés dans cet objectif et où périssaient dans les pires souffrances des innocents ou des coupables, pour le divertissement des uns et le profit pécuniaire des autres, ont perduré jusqu'à la christianisation, sous le régime de laquelle on a préféré l'auto-flagellation morale, l'inquisition qui "soumettait à la question" et les bûchers.
Qui est le barbare ?
Les tribunaux étaient alignés sur le calendrier, ainsi que certaines exécutions. Des résultats de fouilles archéologiques ont été faussement attribués à des sacrifices humains. Nous savons aujourd'hui qu'il s'agissait souvent d'exécutions en justice - parfois selon des méthodes qui nous semblent purement cruelles mais qui étaient alors très symboliques du crime et de ses conséquences dans la vie présente et suivante - et de suicides individuels ou collectifs.
Il semblerait cependant qu'au fur et à mesure des siècles, les sacrifices humains aient été de plus en plus rares pour être remplacés, à l'époque de la guerre des Gaules en tout cas, par des figures en bois ou en paille. Il s'agit sans doute d'une évolution philosophique, une sorte d'intériorisation du sacrifice ou une glissade vers la version sacrificielle purement symbolique.
Veuillez noter, pour ceux qui utilisent l'argument des sacrifices humains pour qualifier les Gaulois de barbares face au très civilisé empire romain, que les sacrifices humains de nature religieuse n'ont été abolis, à Rome, qu'au début du premier siècle avant notre ère. Par contre, les tortures et mises à mort publiques lors des triomphes de généraux romains, aussi bien que les jeux du cirques où s’entre-tuaient de manières horribles des esclaves élevés et entraînés dans cet objectif et où périssaient dans les pires souffrances des innocents ou des coupables, pour le divertissement des uns et le profit pécuniaire des autres, ont perduré jusqu'à la christianisation, sous le régime de laquelle on a préféré l'auto-flagellation morale, l'inquisition qui "soumettait à la question" et les bûchers.
Qui est le barbare ?
Devenir druide impliquait un enseignement de très longue durée. Il s'agissait donc un engagement personnel intégral et permanent !
Je pense que cette durée, cette obligation de répartir l’ambition selon une vision à très long terme, permettait de détecter et d’écarter une partie au moins des personnages potentiellement « dangereux » pour la société, les mégalomanes avides de pouvoir et autres narcissiques.
Par ailleurs, les connaissances étaient devenues tellement riches et complexes, pour une société dont les traditions étaient orales, que l’apprentissage druidique s’étalait sur de nombreuses années, une vingtaine, au moins, selon les auteurs latins, échelonné en niveaux d’expertise.
Un fils ou une fille dont les parents avaient les moyens de payer les études, ou un adulte à la fortune suffisante ou disposant d’un « mécène », pouvait être enseigné un certain nombre d’années pour justifier telle ou telle fonction, tel statut, visant à maintenir ou acquérir de la noblesse (là encore il faut sortir de notre compréhension de "la noblesse") pour sa famille.
L'école des druides n’était pas gratuite ! Durant le long apprentissage, un mentor druide et ses élèves n'ont pas le loisir de s'adonner à l'élevage et l'agriculture pour subvenir à leurs besoins. La notion d'abondance chère aux Celtes impliquait l'autonomie de chaque cellule familiale. Les druides disposaient certainement de leur domaine agricole, mais les parents et la famille et/ou le mécène d'un élève se devaient d'assurer non seulement les besoins de celui-ci, mais aussi de compenser le temps et l'énergie que les druides mentors consacraient à l'écolage. D'où la nécessité de contrat établissant un paiement régulier (en troc : biens, cheptel, services, etc.).
L'école des druides n’était pas gratuite ! Durant le long apprentissage, un mentor druide et ses élèves n'ont pas le loisir de s'adonner à l'élevage et l'agriculture pour subvenir à leurs besoins. La notion d'abondance chère aux Celtes impliquait l'autonomie de chaque cellule familiale. Les druides disposaient certainement de leur domaine agricole, mais les parents et la famille et/ou le mécène d'un élève se devaient d'assurer non seulement les besoins de celui-ci, mais aussi de compenser le temps et l'énergie que les druides mentors consacraient à l'écolage. D'où la nécessité de contrat établissant un paiement régulier (en troc : biens, cheptel, services, etc.).
La fonction sacerdotale était divisée en « loges » ou spécialisations. Cependant, chaque spécialiste possédait des notions globales de la vocation druidique en astronomie, cosmogonie, philosophie et physiologie, afin que celle-ci demeure homogène.
Les fonctions sacerdotales druidiques :
- Médecine (chirurgie, médecine holistique). J’ai de bonne raison de croire, d’après les ouvrages éclairé de J.C. Guyonvac’h, entre autres, et les anciens écrits insulaires et les traces de traditions séculaires, que la connaissance des plantes et la fabrication des remèdes dépendaient du domaine spirituel et étaient souvent l’apanage des femmes. C'est pourquoi dans "Milo", le druide-médecin Gussou connaissait évidement les propriétés curatives de la Nature, mais, la plupart du temps, il obtenait les potions et remèdes dont il avait besoin chez les femmes vouées à cet art.
La médecine et la chirurgie, là où les mains sont posées sur le corps et manipulent les membres, les os et les organes, tombent dans le domaine concret, physique, donc masculin. Le druide médecin doit être guerrier et porter l'épée.
Nous avons des preuves archéologiques que les Celtes étaient capables de réduire les fractures, soigner la dentition (l’arrachage n’était pas systématique), pratiquer des trépanations en cas de traumatisme crânien.
Nous avons des preuves archéologiques que les Celtes étaient capables de réduire les fractures, soigner la dentition (l’arrachage n’était pas systématique), pratiquer des trépanations en cas de traumatisme crânien.
À côté du druide médecin devaient certainement exister des sortes d’assistants de moindre expérience, plus jeunes, des élèves, ou des guérisseurs et guérisseuses, ou soignants et soigneuses, hors de la fonction sacerdotale. Cela est logique rien qu’en pensant au nombre de blessés à traiter lors des batailles, d’une part, et au nombre de communautés et domaines agricoles ayant besoin d’un accès aux soins médicaux élémentaires, d’autre part.
- Le droit, la législation, soit la fonction de juge, englobant la connaissance et l’application des lois en général et celles de chaque peuple en particulier, car chaque peuple édictait ses propres lois endéans le "filet druidique" qui assurait une cohérence de la législation.
Le droit celtique était différent du droit romain, fondement de notre droit moderne, déjà de part les vertus sur lesquelles il se basait. Il était plus éthique que moral, plus conséquentialiste que déontologique. En d'autres termes, il se basait sur une vision holiste, non sur une opposition bien/mal. Il n'était pas extérieur à la spiritualité, car tout était connecté (roulement des cycles) pour les Celtes.
La mort n'arrêtait pas les conséquences d'une action. L'on peut se rapporter aux Dharma, Karma et Moksha et aux autres notions védiques ou le juridique intègre le spirituel ou philosophique.
Il y existait plusieurs types de « tribunaux » selon qu’il s’agissait de la scène sociale ou politique. Ces tribunaux se tenaient à des moments bien particuliers sur le calendrier celtique, en rapport avec les astres et les saisons, les cycles et fonctionnements naturels. Il en était de même pour les dates d’exécution des diverses sentences.
La mort n'arrêtait pas les conséquences d'une action. L'on peut se rapporter aux Dharma, Karma et Moksha et aux autres notions védiques ou le juridique intègre le spirituel ou philosophique.
Il y existait plusieurs types de « tribunaux » selon qu’il s’agissait de la scène sociale ou politique. Ces tribunaux se tenaient à des moments bien particuliers sur le calendrier celtique, en rapport avec les astres et les saisons, les cycles et fonctionnements naturels. Il en était de même pour les dates d’exécution des diverses sentences.
La législation d’un peuple celte demeurait principalement orale, puisque la mémoire et la parole vivifiaient la connaissance et la mémoire. Les tribunaux se dotaient donc de témoins dont le rôle étaient de mémoriser, d’acter par des méthodes mnémoniques, les cas et les sentences, et auxquels l’on pouvait faire appel en cas de jurisprudence, de résurgence ou de complication du litige concerné.
La loi appartient au domaine du spirituel, tant qu'elle est confinée à la mémoire et concerne l'invisible, l'intangible.
La loi appartient au domaine du spirituel, tant qu'elle est confinée à la mémoire et concerne l'invisible, l'intangible.
Le juge qui applique la loi et siège aux tribunaux, qui s'occupe de l'aspect éthique des affaires "juridiques", tombe dans le domaine "féminin".
Par contre, le sacrificateur dont le rôle implique des rituels physiques tombe dans le domaine du "masculin". Le druide juge/sacrificateur porte l'épée et a été initié à l'art de la guerre.
Un juge sacrificateur, quand la nécessité réclame qu'un seul druide officie dans les deux domaines, fait alors son choix de vie.
Un juge sacrificateur, quand la nécessité réclame qu'un seul druide officie dans les deux domaines, fait alors son choix de vie.
- La divination ne se résumait pas à la prédiction d’événements à venir, du succès potentiel de telle démarche ou telle décision, ou encore de connaître la volonté des dieux. Celle-ci est connue, puisque chacun d'eux règne sur un champ d'action précis (voyez l'article sur la mythologie celtique).
Non, la divination s'occupait d’intégrer des actions humaines individuelles ou communautaires dans le Tout de la manière la plus homogène et moins dommageable possible. La « lecture » des phénomènes naturels ainsi que des décodages d’osselets, de saignements et de convulsions lors d’un sacrifice, l'usage de plantes hallucinogènes ou d’autres moyens dont nous n’avons plus idée, servaient à visualiser et mesurer l’impact d’une initiative particulière sur le flux vital.
Non, la divination s'occupait d’intégrer des actions humaines individuelles ou communautaires dans le Tout de la manière la plus homogène et moins dommageable possible. La « lecture » des phénomènes naturels ainsi que des décodages d’osselets, de saignements et de convulsions lors d’un sacrifice, l'usage de plantes hallucinogènes ou d’autres moyens dont nous n’avons plus idée, servaient à visualiser et mesurer l’impact d’une initiative particulière sur le flux vital.
Parce que ce type de pratiques demeurait dans le domaine spirituel (le sacrifice en tant que tel, si nécessaire, était opéré par un sacrificateur) impliquant en outre une approche très intuitive (lecture non verbale et interprétation non linguistique), sans obligation de porter l'épée ou d'avoir une formation guerrière. Elle était accessible et sans doute prisée par les femmes ou par les hommes très connectés à leur féminité. Nous savons que cette fonction sacerdotale était détenue par des femmes. Nous pouvons en outre déduire qu’au sein une société alliant le masculin et le féminin jusque dans son calendrier (à la fois lunaire et solaire), les différents rôles, même sacerdotaux, n’étaient pas affligés des stéréotypes genrés que nous connaissons aujourd’hui.
Anecdote : Il est évident que la société celtique n’était pas épargnée par la corruption et que la divination ainsi que la fonction bardique étaient les plus susceptibles d’être utilisées pour la manipulation des décisions privées autant que politiques afin de satisfaire les plus ambitieux. On en trouve quelques traces dans la guerre des Gaules selon Jules César.
- La fonction bardique a pour rôles :
1. Préserver par des méthodes mnémoniques et transmettre oralement, usant de styles, de sons et de rythmes, les faits importants au sein d’un peuple, les actes héroïques ou nobles d’un homme ou d’une femme, les lignages principaux et les généalogies (les lignages spirituels et les ascendances généalogiques sont deux choses bien distinctes), et sans doute les lois.
2. Remettre le spirituel dans le temporel et vice versa, assurer une mixtion constante entre la « mythologie » (par manque de mots plus adéquats) et la vie concrète, quotidienne.
3. Enseigner les connaissances de base.
4. Maintenir la cohésion d’un peuple et sa loyauté envers son roi, garder allumée la passion, la force ou la volonté envers une initiative particulière ou un objectif précis, ou provoquer le contraire ! (Louange ou blâme), et enfin garder bien vivants les idéaux et les vertus.
Le barde est le gardien de la tradition orale. Il joue sur les vibrations par les sons et sur les idées par les mots. Le barde maîtrise la résonance du Verbe. Son influence est phénoménale. Les historiens grecs et romains, plutarque et Polybe, Diodore de Sicile et Jules César, mentionnent que ces "bardes et philosophes" étaient capables d'arrêter une bataille sur le point de commencer, alors que les lignes de guerriers se rangeaient déjà, rien que par la persuasion de la parole !
Ce domaine est purement spirituel, la seule concrétisation relève du pouvoir de la parole sur les esprit et les cœurs, ce qui laisse aux auditeurs le soin de rendre le verbe "physique" dans le choix et l'action. La fonction est donc à tendance féminine (représentée majoritairement par des hommes non guerriers, et certainement des femmes, on ne peut le confirmer car le mot "barde" en français étant masculin, il fut supposé que les personnes endossant ce rôle l'étaient aussi), sans obligation de porter l'épée.
Il existait sans doute des fonctions supplémentaires que nous n’imaginons pas. Christian-J. Guyonvarc’h, dans son formidable ouvrage « Les Druides », parle de druides architectes, ambassadeurs et « portiers ». Il y différencie les fonctions de juge et de sacrificateur que j’ai unifiées dans mon roman, telle la fonction de barde et celui d'ambassadeur, par commodité d’écriture et dans l’optique d’un peuple tout nouvellement formé, comme c’était le cas des Aduatuques, où la nécessité de fusionner certaines fonctions étaient inévitable. Chaque druide ayant une formation générale, il peut, dans l'urgence ou la nécessité, endosser occasionnellement une fonction autre que sa propre spécification.
Le druide et le roi.
J’ai déjà abordé le sujet de la royauté dans la première partie de cet article. Voyons la à présent du point de vue druidique.
Le roi régit la temporalité, le druide la spiritualité, et dans la culture celtique, les deux sont inséparables.
La royauté celtique dispose donc d’un trône à deux places : le druide (j’entends par LE druide, l’association des représentants des diverses « loges » ou spécialisations) et le roi (ou la reine, mais la fonction incluait le couple, de toute façon).
L'égide spirituelle d'une part, et le pouvoir temporel d'autre part.
Étant donné que tout est d’abord énergie (pensée, métaphysique) avant de devenir matière (tangible, physique), le druide a souvent la prépondérance sur le roi, surtout au niveau protocolaire, mais c’est le roi qui détient le pouvoir de décision et de concrétisation (quoiqu'avec des limites et des obligations de consulter les seigneurs) :
- Il protège le peuple et préserve l’intégrité des lieux de vie en formant, organisant et menant les hommes et les troupes.
- Il expose, dans son apparence, par l’exemption de toute tare physique et intellectuelle, dans son exemple et son comportement, les idéaux qui maintiennent la cohésion culturelle et sociale.
- Il représente la justice et préside aux tribunaux d’importance.
- Il respecte ses obligations et se soumets à ses interdits énoncés par le devin lors de la sacralisation, qui visent à empêcher que tout pouvoir ne monte à la tête du roi...
Les druides qui officient aux célébrations et influencent les esprits (surtout par le biais du barde), créent le roi, c'est-à-dire qu’ils sélectionnent les individus les plus susceptibles de mener le peuple selon le contexte et les besoins du moment, et le présentent à l’élection dont ils dirigeront la cérémonie.
Cependant, si le spirituel est souvent prépondérant, il n’en est pas moins au service du temporel. Le druide ne donne pas d’ordre, il conseille. Il est regardé et consulté en premier mais la décision du roi, qui suit toujours, sera finale.
En résumé, le druide est l’intermédiaire entre le monde des dieux (soit la dimension spirituelle et intuitive du fonctionnement de l’univers) et celui des hommes, ce dernier étant représenté par le roi.
Bien sûr, je vous parle ici d’une idéalisation de la collaboration druide/roi. Il ne faut pas oublier qu’un idéal est, par définition, inatteignable. Le facteur humain, et surtout le caractère libéré, passionné, héroïque et individualiste, des Celtes, rend aléatoire le passage de la théorie à la pratique. La corruption, les ambitions et soif de pouvoir, les intrigues, tout cela existait dans la vie politique et sociale celtique. Cependant, l’objectif du duo spirituel/temporel, druide/roi, était bel et bien de tendre à l’harmonie et y a réussi durant plusieurs siècles pour de nombreux peuples celtes.
La société celtique était communautaire, tout le contraire d'un état centralisé, et le druidisme s'assurait que le pouvoir ne repose jamais sur une seule paire d'épaules ni pendant bien longtemps. Cela est cohérent avec la notion de cycles et de renouvellement : d'une part, le rapport de forces entre les peuples suzerains et vassaux assure un roulement des responsabilités, alterne domination et dépendance afin d'en faire un équilibre sans cesse renouvelé et non un régime, d'autre part, puisque ni le roi ni le druide ne peut agir seul et que le duo doit en plus prendre en compte l'avis des princes du peuple et des "seigneurs de la guerre" ou héros, la gouvernance est constamment soumise à un compromis, à des votes au bout d'interminables palabres, et, en dernier recours, à des solutions physiques (le champ de bataille aura le dernier mot d'un conflit n'ayant pas trouvé de solution en assemblée).
Ce mode de gouvernance ressemblait au chaos pour un observateur romain ou grec déjà accoutumé au fonctionnement d'une république. Il était pourtant harmonieux selon une éthique qui nous échappe aujourd'hui, régulateur et à vertu équilibrée, et tout sauf autoritaire.
La société celtique était communautaire, tout le contraire d'un état centralisé, et le druidisme s'assurait que le pouvoir ne repose jamais sur une seule paire d'épaules ni pendant bien longtemps. Cela est cohérent avec la notion de cycles et de renouvellement : d'une part, le rapport de forces entre les peuples suzerains et vassaux assure un roulement des responsabilités, alterne domination et dépendance afin d'en faire un équilibre sans cesse renouvelé et non un régime, d'autre part, puisque ni le roi ni le druide ne peut agir seul et que le duo doit en plus prendre en compte l'avis des princes du peuple et des "seigneurs de la guerre" ou héros, la gouvernance est constamment soumise à un compromis, à des votes au bout d'interminables palabres, et, en dernier recours, à des solutions physiques (le champ de bataille aura le dernier mot d'un conflit n'ayant pas trouvé de solution en assemblée).
Ce mode de gouvernance ressemblait au chaos pour un observateur romain ou grec déjà accoutumé au fonctionnement d'une république. Il était pourtant harmonieux selon une éthique qui nous échappe aujourd'hui, régulateur et à vertu équilibrée, et tout sauf autoritaire.
À l’époque de la guerre des Gaules, la royauté celtique semblait être en crise, dans le sud de la Gaule en tout cas, à cause de l’influence du système politique romain.
Dans Milo, les druides en sont clairement affectés et s’en inquiètent grandement. C’est un sujet qui les divise d’ailleurs, opposant d’un côté des druides progressistes, tel que Diviciacos, le druide Eduen adepte de la République et, de l’autre côté, des druides qu'on pourrait définir comme naturalistes, tel que le druide Gussou qui désire assurer la pérennité et la prospérité du peuple Aduatuque en lui donnant un roi à la hauteur !
FLB
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PS : Après avoir lu cet article, vous comprendrez pourquoi j’ai du mal à accepter les personnes se faisant passer pour druides à l’heure actuelle, pour peu que ce débat vous intéresse (je parle de quelqu'un se prétendant vraiment druide, bien sûr. Pas d'un rôle endossé dans le cadre d'une reconstitution historique).
C’est sans doute une simple question de vocabulaire : je n’éprouve pas tant de difficulté avec le néo-druidisme puisque l’appellation en elle-même distance la pratique moderne de l’originale, même si j'en déplore le côté "appropriation culturelle".
Les Celtes ne peuvent plus se défendre à l'instar des Aborigènes d'Australie, par exemple, qui filent au tribunal, et ils ont bien raison, dès qu'un loustic s'approprie leur spiritualité, surtout si c'est pour en tirer profit via un best-seller ou des séminaires.
Ce n'est pas parce qu'une culture appartient au passé et au patrimoine historique qu'elle est récupérable et monnayable à souhait !
Les Celtes ne peuvent plus se défendre à l'instar des Aborigènes d'Australie, par exemple, qui filent au tribunal, et ils ont bien raison, dès qu'un loustic s'approprie leur spiritualité, surtout si c'est pour en tirer profit via un best-seller ou des séminaires.
Ce n'est pas parce qu'une culture appartient au passé et au patrimoine historique qu'elle est récupérable et monnayable à souhait !
Pour moi, un druide hors du contexte celtique n’a aucun sens. C’est un peu comme si quelqu’un se disait aujourd’hui grand-prêtre de pharaon alors que les pharaons et tout ce qui constituait leur monde ont disparu depuis plus de 2.000 ans !
Il serait absurde de prétendre faire renaître les rituels sans le contexte social, économique, politique et spirituel de l’époque (ces éléments sont inséparables dans la société celtique) dans notre société actuelle où les trois lois de la Vie ne sont plus représentées, où les cycles sont figés ou altérés. Par ailleurs, les connaissances anciennes se sont perdues. Ce qui nous reste est tellement rudimentaire, altéré et fragmenté, notre mentalité est tellement imbibée de valeurs et de moralité éloignées des idéaux de l'ère celtique, qu’il est impossible de prétendre pouvoir reconstituer de manière intégrale, cohérente et honnête - et surtout orale - les pratiques religieuses de cette civilisation antique. Le monde celtique et druidique est incompatible avec notre morale, également.
Sans la société celtique, sa structure, ses idéaux et vertus, ses philosophies, son éthique, ses dieux, son fonctionnement holiste, et sa royauté si particulière indissociable du druidisme, il ne peut y avoir de druides !
Lorsque j’en rencontre un, je vois une sorte de mélange entre le chamanisme, des résurgences celtiques médiévales et des croyances et pratiques New-Age, avec un peu de Wicca, et même parfois des idéologies raciales borderlines. Je dois avouer que j'ai du mal à ne pas le traité comme un imposteur... [2].
Le terme « druide » à existé, il a une définition associée à un contexte précis qui a irrémédiablement disparu. On peut s'amuser à le reproduire dans le cadre d'une reconstitution historique ou d'archéologie vivante, même dans toutes les formes d'art y compris littéraire car cela est sans prétention, mais la réappropriation et le détournement sont des outils de manipulation, même derrière de bonnes intentions.
(*) Le terme "élite" dans les appellations de cavaliers d’élite, archers d'élite, guerrier d'élite, est associé à la maîtrise du savoir, du savoir-faire grâce à l'expérience personnelle.
[1] D’ailleurs, le contrôle des naissances était une réalité. L’avortement et la contraception par les plantes ou à l’aide de diverses techniques étaient assez évolués, comme on peut le constater également dans d’autres civilisations antiques, par exemple dans l’Égypte ancienne, et dénotait une connaissance poussée de l’obstétrique et de la pharmacologie. Rien avoir avec ce à quoi ces connaissances avaient été réduites au Moyen-Age sous le régime du "soyez féconds et multipliez-vous mais souvenez-vous que la relation sexuelle est un péché !"
[2] Mon expérience personnelle m'a amenée à croire au « Channeling », cette faculté de recevoir des informations intuitivement d’un autre lieu et d’un autre temps. Il est évidemment très possible à une personne de rejoindre le druidisme, ou des éléments du druidisme, de manière intuitive. Cependant, je crois également que la prudence et à la bienveillance sont de rigueur lors du partage de telles informations. Elles sont toujours personnelles et doivent le demeurer. D'abord, la civilisation celtique et le druidisme authentique sont incompatibles avec notre société actuelle qui est carencée, cartésienne, cérébrale, patriarcale, uniformisée et régie par une moralité inspirée du stoïcisme romain et chrétien. D’un côté, vouloir rétablir le druidisme sans l’adapter est impossible car les notions culturelles modernes vont inévitablement l'altérer, le contexte n'est pas favorable. De l’autre, celui qui prétend pouvoir le faire devrait susciter la plus grande méfiance, tels les gourous et chefs religieux dont les agendas sont soit politiques, soit de satisfaire une personnalité narcissique et d’assouvir une soif de domination ou un syndrome de sauveur.
Ou bien, tout simplement et plus probablement, de combler un vide identitaire...
Ou bien, tout simplement et plus probablement, de combler un vide identitaire...
Dans tous les cas, le contraire de ce que semblait être l'esprit du druidisme.
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Quelques lectures utiles :
- Robert Graves, Les Mythes Celtes, Editions du Rocher/Brocéliande
- Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux, Les Druides et Textes Mythologiques Irlandais, Editions OuestFrance.
- Miranda Jane Green, Mythes celtiques, Editions du Seuil
- Alexandre Astier, L'Hindouisme, synthèse d'introduction et de référence (Histoire, fondements, courants et pratiques), Eyrolles.
- Alexandre Astier, L'Hindouisme, synthèse d'introduction et de référence (Histoire, fondements, courants et pratiques), Eyrolles.
- Jean-François Jarrige, Du néolithique à la civilisation de l'Inde ancienne : contribution des recherches archéologiques dans le nord-ouest du sous-continent indo-pakistanais; Arts Asiatiques, Vol. 50 (1995), pp. 5-30, École française d’Extrême-Orient, https://www.jstor.org/stable/43485471
En anglais :
J.-L Brunaux, The Celtics Gauls, Gods, Rites and Sanctuaries, éditions SealBy, London
S. Pigotts, The Druids, Pinguin Books
J. B. Mallory, The Search For the Indo-Europeans, Thames & Hamp; Hudson
G. A. Wait, Rituals and Religion in Iron Age Britain, Thesis edition, Oxford
John Waddel, Archeology and Celtic Myth, Fort Court Press, Dublin
Michel- Gérard Boutet (2000), Druidism and Vedism compared, Academia.edu
Stephen Zimmer (2001), Indo-celtic connection : ethic, magic and linguistic, Rheinische Friedrich-Wilhelms - universitat BonnSubhash Kak (2012) [Regents professor of Computer Science Department at Oklahome State University-Stillwater], Ancient maritime trade from India : Druid's Gunderstrup cauldron compared with Indu script, Academia.edu
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