Guérir le passé des clichés ou le civiliser ?
Il y a un peu plus d'une décennie, je rencontrais l'archéologie au carrefour des volontés de sortir les Gaulois, et par extension les Celtes, des clichés.
On parlait jusqu'alors de "culture celtique" et de "nos ancêtres les Gaulois (qui ont tant bénéficié de la colonisation romaine)". Peu à peu, le terme civilisation celtique s'est immiscé dans le discours historique.
Passionnée de culture celtique depuis l'enfance, j'ai embrayé sur le mouvement de réhabilitation des Celtes avec mon roman historique, aiguillonnée par cette bonne cause, enthousiaste de me plonger dans un univers mental tellement loin du nôtre - les vrai vacances, pour moi - et de le donner à voir dans une reconstitution littéraire. Je me suis immergée dans le milieu des professionnels de l'Histoire, colloques d'archéologie, musées, sites archéologiques, publications d'anthropologues, groupes de reconstitution, celtisants divers...
Après la rupture avec mon éditeur, et le déclin subséquent de la promotion de mon roman, j'ai persisté à rôder dans ces milieux, jamais fatiguée d'en apprendre plus, surtout lorsqu'a grandi le désir de décrire les Celtes d'époques différentes : l'histoire de Brennos, celle des gallo-romains...
Et c'est depuis ce poste d'observation que j'ai progressivement constaté l'évolution du processus de "sauvetage" des Celtes qui, au départ destiné à les sortir des clichés, se muait en mission civilisatrice.
Un biais d'interprétation chasse l'autre, selon l'évolution du paradigme de ceux qui se penchent sur le passé.
Le terme civilisation celtique a pris une tournure que je n'avais pas anticipée. De fait, notre propre civilisation, la fameuse "occidentale", serait donc la seule définition valable d'une société humaine digne de ce nom, un paradigme universel, une évolution inévitable et un avènement bien plus précoce qu'on nous l'avait laissé croire, surtout en ce qui concerne le passé disparu des occidentaux, puisque les celtes auraient - en tout cas depuis dix ou vingt ans, tout au plus - adoptés nombre de ses caractéristiques.
J'y vois une résurgence de cette manie qu'avaient les historiens romains d'enluminer leur passé avec les valeurs de leurs contemporains, les enrobant de déterminisme, les rendant intemporelles, donc quasi divines.
En ce qui concerne le phénomène que j'adresse, tout a commencé avec l'imposition à la culture et société celtique d'un lexique qui n'était jusqu'alors associé qu'à Rome comme urbanisation, politique, armée, exploitation agricole, économie, etc.
Un vocabulaire qui nous est également propre ! Depuis longtemps déjà, je tique à la mention d'une aristocratie, en ce qui concerne la société celtique, car le pouvoir et les privilèges n'y étaient ni héréditaires, ni prédéterminés, ni permanents. À défaut d'un terme qu'il aurait fallu (ré)inventer, j'ai concédé cette aristocratie atypique, lui préférant cependant le terme Élite, par défaut, et m'efforçant d'illustrer les dissemblances avec nos notions.
J'ai également toujours détesté le mot religion, chez les Celtes. Voyez les articles sur la mythologie et cosmogonie celtiques à ce sujet.
Idem en ce qui concerne l'esclavage. On insiste sur le fait que les Gaulois avaient des esclaves, comme les romains, et pourtant, l'esclavage était fondé sur une vision très différente ! La perte d'autonomie de certains individus (voir le paragraphe concerné dans cet article ICI) ne s'inscrivait pas dans un commerce comme à Rome où l'esclavage constituait un marché des plus conséquents, pilier de l'économie, surtout à l'ère impériale grâce aux colonies, supermarchés de ressources, humaines et autres.
Autre différence cruciale : les esclaves celtes ne se livraient pas à une activités artisanale ni n'occupaient une fonction réclamant une compétence particulière. Le savoir-faire et le savoir-être lié étaient encensés, respectés et réservés aux individus autonomes. À Rome, par contre, les esclaves occupaient des fonctions réclamant des aptitudes, des qualifications et des connaissances : maître d'école, régisseur, comptable, cuisinier, traducteur, scribe...
J'ai donc préféré le terme serviteur, dans ma reconstitution de la société celtique, à celui d'esclave.
Dans un récent article mentionnant la découverte d'un bouclier datant de 3.000 ans (ICI), on associe évidemment le bouclier finement décoré à un statut social d'aristocrate, et son symbolisme à "pouvoir et richesse".
Franchement, ce manque de capacité à se décentrer, à cette carence en imagination qui freine la capacité à entrer dans un univers mental différent, cette projection de nos propres déséquilibres sociaux qu'on prend pour universels, ça devient fatiguant...
On peut trouver énormément de raisons complètement hors statut social qui pousseraient à offrir à un défun un bouclier finement décoré, et le symbolisme du bouclier peut être très loin de la notion de "pouvoir et richesse", surtout quand on se penche sur la linguistique, le symbolisme dans l'iconographie Celtique et dans la mythologie (une fois celle-ci lavée des incrustations chrétiennes), et la culture celtique de l'héroïsme.
Depuis peu, les Gaulois* de plus en plus civilisés se dotent de villes et sont devenus des citadins, alors que les Oppida, de celles qu'ont pourrait éventuellement associer à des villes "en dur" structurées telles qu'on le conçoit, quoique très loin de l'idée de métropole, furent des occurrences assez localisées et tardives.
Les Gaulois disposent d'une économie (sans nuance lexicale, selon notre notion actuelle), à présent, et sont des gestionnaires d'exploitations agricoles, dites donc !
Je veux bien accepter le terme "économie" en tant que dynamique d'échange, mais rien avoir avec un système de marchés qui implique : monnaie unique, concurrence financière, croissance et thésorisation (typique du sédentarisme), profit, spéculation, caste sociale spécifique de marchands et d'usuriers, gradation sociale hiérarchiquement définie par cette même économie, etc.
Récemment, j'ai vu passer cet article de RTBf culture (ICI) mentionnant que contrairement à une croyance erronée, les Gaulois écrivaient bel et bien, et même en plusieurs langues. Ce que cet article ne dit pas, c'est que les traces d'écritures (outres runes et oghams), entre autres le fameux calendrier de Coligny, sont d'époque gallo-romaine, donc post colonisation. Pour moi, le gallo-romain, ce n'est plus du gaulois, car il y a déjà eu acculturation, et je trouve plus correct d'utiliser le terme gallo-romain, et non plus gaulois, pour tout ce qui ressort des régions et de l'époque sous domination romaine, ce qui inclut la plupart des traces écrites en Gaule. On devrait d'ailleurs donner des noms spécifiques aux peuples colonisés pour bien marquer l'impact culturel, cognitif et comportemental de l'invasion à tous les niveaux. L'idée de syncrétisme est très peu nuancée, en cas de colonisation. Elle insinue que deux cultures se seraient tout naturellement mélangées lors d'un phénomène spontané, harmonieux.
En réalité, dans un contexte colonial, on voit des purges culturelles : mépris, diabolisation, voir interdiction ou sensure de tel ou tel concept, tradition, comportement, habitude vestimentaire, etc. Appropriation de certains éléments (dont le peuple dominant s'attribue le crédit, bien souvent), altération des mentalités et des structures sociales en vue d'une exploitation plus aisée. Le processus est d'une telle violence ! Et cela pendant les permières générations sous le régime de l'envahisseur.
Seule une mentalité coloniale peut se satisfaire de l'enrober dans un mot comme "syncrétisme" !
Je n'arrête pas de voir, depuis peu, des preuves de cet engouement des chercheurs pour l'épigraphie gauloise, qui concernent souvent des inscriptions votives gallo-romaines ou des indications utilisant des systèmes graphiques préexistants, grecs ou latins, adaptés à un dialecte local dans une situation d'intercompréhension. Pourtant, entre l'écriture telle qu'elle était considérée et utilisée en Grèce, à Rome, en Égypte ou en Phénicie, autant dans un cadre de transmission que pour la législation, et les efforts de communication par l'écrit des Celtes quand la nécessité se faisait sentir ou lors d'indications post-colonisation, il y a une sacrée différence ! Nous restons donc bel et bien dans une tradition orale, dans le cas des Celtes, bardes à l'appui. Je ne vois nulle part cette précision mentionnée...
Partout ailleurs en pays celte, que ce soit dans les Balkans, en Germanie, dans les îles de la Manche, en Galicie, la tradition orale a perduré jusqu'à l'arrivée du christianisme (autre forme de colonisation, romaine également). Ah, mais les Gaulois auraient été différents des autres Celtes, voyez-vous ! Ils étaient plus civilisés, nos "ancêtres" qu'on met entre guillemets pour les protéger du populisme mais qu'on va quand même instrumentaliser pour notre superbe.
Où place-t-on la frontière entre "sortir les Gaulois des clichés" et leur imposer notre civilisation ?
N'assisterions-nous pas à une seconde colonisation des Gaulois ?
Qu'est-ce qu'une civilisation ?
Étymologiquement, le mot "civilisation", qui est étrangement assez récent (plus ou moins trois siècles, à tout casser), vient du latin civis qui signifie citoyen, et civitas, l'ensemble des citoyen ou bien l'État, vu le contexte original de l'émergence du mot.
Or, les Celtes avaient structuré leur société de manière à justement éviter la centralisation du pouvoir ! Il semblerait que ce soit là un élément que mes contemporains préféreraient oublier. Sans doute parce que les politiques extrêmes se sont réapproprié le concet de décentralisation, l'ont sali, altéré, et rendu nauséabond.La définition tirée du CNRTL de Civilisation : "Fait pour un peuple de quitter une condition primitive (un état de nature) pour progresser dans le domaine des mœurs, des connaissances, des idées".
La civilisation est donc liée au développement d'un peuple, à la notion de progrès, lequel manque singulièrement de nuance, lui aussi, lorsqu'il est mentionné.
En outre, ce substantif implique l'action de civiliser, et donc oppose la civilisation à peuple, tribus, groupe, communauté, comme il oppose encore et toujours le civilisé au sauvage, le citoyen au barbare, le stoïcien à l'émotionel, et la Cité à la Nature. La frontière entre dychonomie et manichéisme est mince, si mince...
Du coup, Rome est débarrassée de tout antagonisme. Le problème de la colonisation romaine est donc neutralisé.
À l'heure où mon roman historique s'apprête à être édité à nouveau, je suis désolée de voir Jean-Louis Brunaux, pour ne citer que lui, rebondir sur cet air très en vogue : "la colonisation n'a pas eu lieu, les Gaulois ressemblaient déjà tellement aux romains grâce aux grecs qu'ils ont été bien contents que Jules se pointe" (article ICI).
L'honneur des racines de la "civilisation occidentales" est sauf, ouf ! Mais personnellement, ce n'est pas ce à quoi je m'attendais quand a surgi le terme "décolonisation" !
Pourtant, les livres de Brunaux m'ont bien guidée hors des clichés romantiques lors de ma démarche de reconstitution littéraire, en démontrant bien que la culture celtique se démarquaient dans ses fonctionnements, sa structure et sa philosophie. Le fait que les peuples celtes proches de la Province aient été influencés est loin de conduire à la généralisation en vogue actuellement !
Oui, même chez les Eduens qui se clamaient "fères de sang des romains", existait une faction résistante menée par Dumnorix. Il y a TOUJOURS eu une grande résistance à la culture latine, puis à la colonisation romaine. Va-t-on bientôt nous remettre la Pax Romana sur le tapis comme une réalité historique, maintenant, et non comme la propagande qu'elle était ?
Loin de toute notion de pouvoir centralisé, la société celtique était constituée justement de manière à rendre le pouvoir éphémère et à le répartir, ce qui réfute l'allégation de Brunaux : "Les druides interdisaient l'écriture pour ne pas perdre leur pouvoir" !
J'ai bondi à la lecture de cette phrase. Voilà qu'on assimile le druidisme aux évèques du Moyen-âge, maintenant ? Ces derniers organisaient effectivement l'obscurantisme et l'abrutissement de la population en faveur de leur autorité, avec le prestige et les privilèges associés. Décalquer cette situation sur les druides celtes est absurde en l'absence de pouvoir religieux centralisé. Les druides, qui s'évertuaient à garder le pouvoir dillué, abstrait, réparti, éphémère, auraient eu du mal à justifier - et à faire respecter - une interdiction générale ! De plus, de nombreuses raisons philosophiques et symboliques de rejeter l'écriture collent avec les Celtes. La première : ils étaient organisé de manière à ne pas en avoir besoin.
Ceux qui on lu les Veda, retranscriptions en sanskrit depuis la tradition orale, savent que cette dernière permet une pensée très élaborée et complexe, des idées fluides et nuancées, une vision bien plus holiste. Le mode de pensée des Celtes, loin du dualisme, du socratisme, du stoicisme, n'était pas compatible avec le réductionnisme et la hiérarchisation qu'implique l'écriture.
On peut toujours définir la société celtique en un amas de peuples hétérogènes - une diversité culturelle et linguistique incompatible avec une tradition écrite - en autonomies mais en relation dynamique entre clientélisme et tribalisme selon les régions, au sein d’une même conscience culturelle. Pour paraphraser Francis Cousin, je dirais que la société celtique n’était pas sans argent et sans État, mais contre l’argent (celui-ci restait symbolique, surtout au nord de la Gaule) et contre l’État. Non pas telle une organisation de la vie humaine qui ne serait pas encore parvenue à former un État ou une nation, mais une société anti-mercantile qui a fait le choix anti-politique et anti-économique de la transparence du désir et du refus de la médiation aliénatoire. J'estime que cette caractérisation est encore applicable aux peuples celtes belges juste avant la colonisation - parce qu'il y en a eu une, de colonisation romaine, avec toutes ses horreurs, avant le fameux syncrétisme gallo-romain !
C’est la raison pour laquelle j'ai évité, dans mon roman historique, les termes liés à l’idée de marchés et de commerce, de pouvoir prédéterminé et héréditaire, de nomination à vie, d'urbanisme définitif qui nuirait à la mentalité (semi)nomade encore bien ancrée, de politique et de gouvernance centralisée, tels que aristocratie, cité et citoyens, économie, etc.
Nous sommes tellement habitués à un comportement de "prédation" entre humains que nous oublions que l'attrait du pouvoir n'est PAS issu d'une quelconque "nature humaine", contrairement à ce qu'en disent certains philosophes et les fantasmes capitalistes, libertariens, libéraux et néo-libéralaux, mais d'un système socio-économique bien précis !
Système qui n'était pas encore en place chez une majorité de peuples Celtes à l'époque qui nous occupe. Il est venu par influence grecque et romaine, s'est immiscé par l'échange, fut imposé par la colonisation, pas partout ni au même moment, ni avec la même intensité. La Gaule n'était PAS unie dans l'acceptation de la culture et de l'économie latine.
Cette seconde colonisation des Celtes, qui a lieu actuellement, me désole. Non pas que je sois attachée à "une vision précédente" ou aux vieux clichés : j'ai oeuvré une bonne partie de ma vie pour les déconstruire à travers la reconstitution littéraire, mais tout, dans la linguistique, dans le symbolisme, dans la mentalité qui se révèle à travers les biais narratifs nationnalistes des historiens romains, tout s'oppose à "une similitude entre Gaulois et Romains grâce aux Grecs". On assiste à une seconde acculturation dans la congratulation générale. C'est incroyable !
Comprenez ceci : je ne fais pas une réaction de "boomer" face aux nouvelles interprétations du passé, je ne m'oppose pas à une avancée archéologique. Je me suis nourrie, tout le long de ma démarche et encore à l'heure actuelle, du travail des linguistes, archéologues et anthropologues, jusque dans les débats des courants académiques qui s'opposent, quoique j'ai toujours fait preuve d'une grand prudence, autant dans la lecture des historiens antiques que dans celle des papelards scientifiques, des conférences et des colloques, car l'institution archéologique a montré à maintes occasions qu'elle était tout sauf invulnérable aux influences idéologiques.
Je ne suis pas non plus en train de prétendre être la seule à comprendre les Celtes. Si j'ai choisi d'écrire une reconstitution romanesque plutôt qu'e de me lancer dans une démarche académique, c'est justement pour bénéficier de plus de liberté dans la tentative de m'imprégner d'un univers mental aussi éloigné, aussi vague par manque de témoignages valables. Avec ma propre évolution en tant que personne, ma compréhension des Celtes continue de changer. J'écrirais sans doute ce même roman différemment, à présent, car s'y trouve encore des relents de ma vie à l'époque de l'écriture, des traces de patriarcat, et l'influences de mes anciennes croyances... Mais il sagit d'un roman, une oeuvre qui marque une période de ma vie, pas d'un évangile.
Simplement, je réalise avec effroi que minimiser l'antagonisme entre la Gaule et Rome participe à une sorte de nivellement culturel, une érosion de la pensée critique et de la diversité, c'est à dire que sur notre territoire européen, berceau de la "civilisation occidentale", la civilisation définie par le monde gréco-romain, ou en tout cas l'idée qu'on s'en fait et qui a subsisté dans les mentalités et les livres d'Histoire, celle qui explique et justifie la nôtre, est mise au rang de la fatalité : il en a toujours été ainsi, depuis que l'Homme existe, et partout. Or, en ce qui concerne les Celtes, la diversité et la résistance à ce monde gréco-romain, sur notre territoire, avait ses raisons d'être et doit être préservée dans les mémoires. La raison principale, outre l'honnêteté intellectuelle et l'objectivité scientifique, est de rendre à la notion de "nature humaine" son large spectre, à la société humaine sa grande diversité, et non de les réduire aux valeurs que nous voulons promouvoir et justifier aujourd'hui.
La seconde, qui découle de la première, de permettre au public d'appréhender cette diversité, de lui rendre la liberté de remettre en question notre paradigme actuel.
C'est là que le bât blesse, sans doute...
J'ai parfois l'impression, alors que les filets de la religion sont de plus en plus lâches et troués, de voir s'élever une nouvelle Église, celle qui définit notre civilisation actuelle, qui englobe notre mode de vie et ses -ismes. Quasi divine, intemporelle et universelle, elle phagocite tout à coup l'Humanité entière et ne peut être questionnée !
L'histoire est ainsi délavée de toutes disparités.
Même les Gaulois passent à la blanchisserie...
Je crains pour l'avenir, oui.
Beaucoup.
Si même les Celtes sont définitivement assimilés, nous n'avons plus beaucoup de chances de sortir du système économique globalisé qui régit (et détruit) toute vie sur notre planète.
Pour éviter de repenser la situation présente, il suffit de repenser l'Histoire...
Et pour ça, on part dans le déni et l'interprétation déformante, car dans le cas des Celtes, les dépeindre selon le modèle greco-romain (tel qu'on a (re)imaginé ce dernier) et avec nos notions est un véritable tour de force !|
Pensée graphique |
Pensée orale |
|
Réductionniste Hiérarchique Compartimentée Notion de permanence Stratégique *** Homogénéité du langage (uniformité territoriale et
culturelle) Homogénéisation, officialisation et généralisation du mythe fondateur : création d'une identité nationale Homogénéisation, officialisation et généralisation du savoir et du savoir-faire (transmission) Extériorisation du savoir-être (morale écrite généralisée et inculquée) Philosophie intellectuelle, logique et raisonnée |
Holiste Horizontale Coalisée Acceptation de l’éphémère Spontanée *** Diversité du langage (diversité régionale et
culturelle) Identité culturelle fluide Diversité régionale du savoir et du savoir-faire (souvent liés à l’écosystème et adaptés au biotope local) Intériorisation du savoir-être (morale sensible et comportementale) Philosophie empirique et sensuelle |
Ces particularités se retrouvent forcément dans la structure de la société, dans l'instruction (l'éducation), la spiritualité, les lois et normes, la pensée, la mentalité, les fonctionnements, etc.
Les institutions archéologiques sont-elles honnêtes dans la relation entre leur domaine et le public ?
Bon, d'accord, j'ai plus de 50 ans, mais ce n'est pas tant la révolution intentée à ma vision des Celtes par les nouvelles découvertes qui me perturbe - que les Celtes aient utilisé l'écriture plus couramment que ce qu'on croyait, dans leur rapport avec les autres peuples, n'est pas bouleversant en soi - mais plutôt la manière dont ces découvertes sont interprétées, qualifiées et diffusées au public.
* Les Gaulois en particulier, plus que les Celtes en général, fierté ancestrale et importance du patrimoine obligent ! Et puis, les Celtes appartiennent à d'autres pays européens d'où ils subissent de temps en temps et localement diverses appropriations populistes. Je trouve que les anglo-saxons sont (de nos jours) plus objectifs que les continentaux dans leurs appréhension de l'âge du fer et du bronze.
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